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2024 · Acier chauffé à la flamme, 120 × 80 cm

0O0O 0O0O explore la notion d’infini et la rencontre entre l’aléatoire et le structuré. Composée de formes ovales entrelacées, elle évoque des cycles sans fin et les reflets de lumière changeants. Chaque pièce d’acier, chauffée à la flamme par sa face arrière, présente une palette unique de couleurs : bleu profond, brun chaud, gris doux et autres pourpres. Le résultat d’un processus de coloration aussi imprévisible que fugace. Ce jeu de teintes oscille entre abstraction et matérialité.

Cette dualité entre maîtrise et hasard évoque la photographie elle-même : écrire avec la lumière et capturer l’instant dans un cadre perpétuellement en mouvement.

Perspective de travail

Le hasard, l’accident, j’y prête attention, je m’y retrouve.

Par hasard, donc, j’ai fait étape à Chalon-sur-Saône.

Une coïncidence géographique, étape vers une destination arbitraire et légèrement improvisée pour les vacances. On regarde ce qu’il est possible d’y faire. Un musée de la photo, super, on ira. En voiture pour la Bourgogne.

Est-il bien ouvert demain ce musée ? C’est quoi son nom déjà ?

Nicéphore Niépce.

Dans ma relative connaissance de l’histoire de la photographie, je n’avais jamais vraiment retenu où se situait le Gras, à Saint-Loup-de-Varennes, à quelques kilomètres dudit musée. On ira aussi, c’est sûr.

J’ai plusieurs fois fait référence dans mon travail à cette image, au point de vue, au Gras. À tout ce que cette découverte a de fascinant. À son opération bouleversante sur l’histoire et la création. C’est au cœur de mes questionnements. En particulier la magie de l’apparition de l’image, la fameuse image latente, celle qu’on espère. Celle qui s’imprime dans l’esprit de l’opérateur avant de disparaitre au profit de l’image capturée, la vraie. Cette dernière peut décevoir.

Je ne pense pas que Nicéphore fût déçu, lui.

Alors, au Gras, on y va, c’est aujourd’hui un musée. On le visite, mais pas comme on voudrait. La visite est guidée. Il paraît que c’est pour préserver le musée. C’est un peu expéditif vu le nombre d’objets qui remplissent les étagères des pièces en enfilade.

Mais surtout, on n’a pas le droit de photographier. Rien.

C’est dit avant la visite, en introduction d’une vidéo de présentation. Stupéfaction, déception : je voulais mon Point de vue du Gras. Apparemment, je ne suis pas le premier, des scientifiques ont très méticuleusement essayé. Impossible. La fenêtre a été déplacée, le point de vue n’existe plus.

Pas de vue du Gras.

En produisant 0O0O 0O0O, par accident, je découvre que je peux enlever toute trace colorée du passage de la chaleur à l’aide d’acide chlorhydrique. Je peux donc dessiner en négatif sur mes plaques incendiées, je peux aussi gratter cette couche et souligner ses contrastes.

L’idée est là.

Créer des tirages photographiques en utilisant l’acide comme encre, des plaques d’acier chauffées comme support. J’imagine de grands formats, uniques. Je veux représenter des images mentales, latentes ou manquantes, des déceptions. Plusieurs pistes sont à explorer pour la création des images : l’archive, le code, la prise de vue...

Un travail d’enquête est à mener, dans l’histoire de la photographie, dans la mienne.

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